Les véhicules électriques nous semblent une innovation récente. Or, elles étaient déjà populaires il y a plus d’un siècle. Au moment où les « voitures sans chevaux » sont apparues à la fin des années 1800, la vapeur, les batteries électriques et l’essence se disputaient la suprématie en tant que source d’énergie.

 

Voitures électriques : des débuts modestes

Les voitures à vapeur apparurent en premier, mais elles demandaient énormément d’entretien et mettaient beaucoup de temps à démarrer.

Les voitures à essence étaient plus rapides et avaient un rayon d’action plus large, mais elles nécessitaient un démarrage manuel laborieux et pouvaient être difficiles à déplacer. Le constructeur J.M. Studebaker les surnommait « des brutes maladroites, dangereuses et bruyantes qui puent, se brisent au pire moment et sont une nuisance publique ».

Les voitures électriques étaient plus silencieuses et plus faciles à démarrer, mais avaient une vitesse maximale de 20 mi/h et une autonomie de seulement 50 miles. En 1900, les modèles électriques constituaient pourtant le tiers des voitures sur la route aux États-Unis, et ils étaient presque exclusivement conduits par des femmes.

À l’époque, beaucoup considéraient les femmes incapables de fournir l’effort physique nécessaire pour conduire une voiture à essence. Les hommes qui n’avaient pas envie que leur épouse ou leurs filles aillent trop loin ou trop vite considéraient la vitesse modérée et la courte autonomie de la voiture électrique comme des avantages.

 

Les premiers pas

C’est l’inventeur écossais Robert Anderson qui inventa, autour de 1832, le premier chariot rudimentaire propulsé par des piles primaires non rechargeables. Trois ans plus tard, l’américain Thomas Davenport assemblait le premier véhicule électrique fonctionnel, une petite locomotive. À la suite de l’invention de la batterie rechargeable, en 1891, William Morrison construisit la première automobile électrique à succès. Lors de l’exposition de Chicago, plusieurs modèles d’automobiles électriques étaient déjà en montre.

 

L’évolution et la popularité

Les voitures électriques ont ensuite été largement fabriquées par des sociétés comme Studebaker, Edison et Porsche. Milburn Wagon Company de Mishawaka a créé un modèle populaire, la Light Electric, dont la publicité très répandue mettait en vedette des femmes derrière la barre de contrôle faisant office de volant, avec leurs enfants comme passagers.

 

Le premier déclin de l’auto électrique

Au fil du temps, des inventions telles que les démarreurs électriques et les silencieux rendirent les voitures à essence plus agréables à conduire et, en 1912, le modèle T d’Henry Ford vit son prix réduit à la moitié de celui des voitures électriques. Soutenue par l’amélioration des routes et le besoin d’une plus grande autonomie, l’essence devint le carburant de l’avenir. Dans les années 1920, l’âge d’or de la voiture électrique était passé, et l’industrie a effectivement disparu.

Il a fallu attendre 1966 pour que le Congrès américain dépose ses premières recommandations visant à réhabiliter les voitures électriques comme un moyen efficace de réduire la pollution de l’air. Un sondage de l’époque indiquait que 33 millions d’Américains étaient intéressés par un véhicule électrique.

Pendant l’embargo sur le pétrole provenant des pays arabes, en 1973, et sous la pression d’un mouvement écologiste grandissant, l’intérêt pour les véhicules électriques augmenta considérablement. Le Zero Emission Vehicle Mandate passé en 1990 par la législature de Californie stimula la recherche autant que l’intérêt.

Finalement, il aura fallu encore 20 ans pour que le concept d’une voiture entièrement électrique revienne dans les faveurs du grand public. Maintenant, il faut croire que plus rien ne saura ralentir son développement.