Récemment, plusieurs constructeurs automobiles rapportent que le fait de devoir brancher les véhicules électriques serait un tracas qui ralentit leur adoption.

 

Une solution venue des transports en commun

D’ailleurs, cette notion trouve un écho chez les entreprises de transport en commun : immobiliser un autobus électrique le temps de le recharger n’est pas optimal. Depuis quelques années, en Angleterre et ailleurs, on a déployé des autobus sur une « route électrique » munie de plaques de chargement par induction à certains arrêts. Les autobus s’y arrêtent quelques minutes, le temps de faire monter les passagers et de recharger les piles, ce qui ajoute de l’autonomie au véhicule.

La perspective de pouvoir rouler sans jamais avoir à refaire le plein est attirante et, comme plusieurs nouveaux essais sur le terrain l’ont démontré, c’est aussi une perspective de plus en plus réaliste.

 

Une technologie qui n’est pas nouvelle

La technologie, connue sous le nom de charge inductive, existe depuis les années 1890, lorsque l’inventeur Nicola Tesla a découvert qu’il pouvait alimenter, sans fil, des ampoules. En théorie, son principe est simple : un système met en place un champ électromagnétique alternatif, puis une bobine d’induction dans un dispositif plus petit en tire de l’énergie.

Au départ, arriver à faire bouger de gros objet semblait compliqué, mais récemment, Qualcomm a annoncé avoir construit avec succès une piste d’essai de 100 mètres près de Paris, en France, pour tester sa version de la technologie.

Les onduleurs, installés le long de la route, fournissent de l’énergie aux plaques de cuivre intégrées à la chaussée. Des plaques de cuivre similaires sont installées sous l’autobus. Lorsque le véhicule passe au-dessus de la route chargée, les deux champs interagissent et génèrent du courant.

 

De la théorie à la pratique

D’ailleurs, Highways England, l’organisme gouvernemental du Royaume-Uni responsable de l’infrastructure routière, a annoncé qu’il avait commencé à tester les voies de « recharge électrique » en continu. Israël a également investi dans des routes qui alimentent les autobus électriques pendant qu’ils roulent. Le gouvernement collabore d’ailleurs avec la jeune entreprise ElectRoad pour installer une ligne d’autobus publique à Tel-Aviv en utilisant une technologie sans fil sous la chaussée.

Le gouvernement chinois est déjà beaucoup plus ambitieux : dans la ville de Jinan, les travailleurs de la construction installent en ce moment des trottoirs alimentés à l’énergie solaire et qui peuvent charger, sans fil, les véhicules électriques en train de rouler. La chaussée de 1,2 mile est faite de béton transparent tendu sur une couche de panneaux solaires.

En parallèle, la ville de Gumi, en Corée du Sud, exploite depuis cinq ans un autobus électrique sans fil qui transite entre sa gare et un quartier populaire; Gumi s’ajoute ainsi à la liste de municipalités ayant adopté la recharge par induction. On en retrouve également dans l’Utah, en Allemagne et à Utrecht dans les Pays-Bas. À Turin, en Italie, on trouve même des autobus à induction depuis 2003.

Des chercheurs de l’Université de Stanford en Californie étudient un autre système, celui-ci basé sur le magnétisme entre deux bobinages. Les tests semblent concluants et, en plus, démontrent que le système aide à maintenir l’autonomie des voitures durant leurs parcours.

Évidemment, nous sommes encore assez loin d’une mise en fonction universelle, mais à plus ou moins long terme, et lorsque les problèmes de coûts et de chantier – potentiellement colossaux – pour la mise à niveau de l’infrastructure seront résolus, un tel système pourrait conférer aux voitures électriques une autonomie théoriquement infinie. L’adoption de ce mode de véhicule n’en sera que simplifiée.